Le Capt’ain @ n’a plus rien à dire ? (Que y en a qui m’demande !)

Publié le par WENS

C’est-à-dire, que je suis victime d’une malédiction. C’est pas en déballant une momie quelconque ou en violant un temple oublié que ça m’est arrivé, c’est tout bonnement en glissant un bulletin dans l’urne le 6 mai 2007.
Il y a eu un éclair aveuglant, le sol s’est fendu et une grosse voix, comme celle du gars qui double dieu dans « Les dix commandements » a déclaré : « Tu es maudit pour des siècles et des siècles, ou au minimum un quinquennat ! »
Et c’est ce qui est arrivé.
 Dieu est de droite, tout le monde le sait, c’est pas parce qu’il a eu un fils beatnik qu’il faut croire qu’il n’est qu’amour. Dieu est décomplexé, Dieu est du côté du manche, Dieu est un beau salopard.
Je suis donc allé au bureau des malédictions pour remplir les formulaires et je me suis retrouvé devant un fonctionnaire absorbé dans la lecture d’un prospectus publicitaire pour un organisme de retraite dédié aux fonctionnaires qui se sont économisés toute leur vie pour vivre vieux dans un monde sécurisé.
L’agent de la fonction public a commencé à râler qu’il n’avait pas que ça à faire et qu’il allait être 5 heures dans trois quart d’heure et que de toute façon le photocopieur était en panne.
C’est la malédiction qui commençait.
Le pays est foutu, que je me suis dit, il va falloir réformer tout ça si on veut s’en sortir !
Avouez que ce genre de pensée vous a aussi traversé l’esprit, une bonne vieille pensée de droite, bien décomplexée…Sauf que vite, une bonne pensée de gauche bien pensante comme antidote et, hop , on oublie le culte du travail et de la performance, et l’on voit dans la figure du fonctionnaire, toute la poésie surannée d’une France qui sent bon le pot au feu en trois exemplaires. Depuis que je suis maudit, j’ai de plus en plus de mauvaises pensées de droite.
Je me dis que le modèle social à la Française, c’est vraiment de la confiture aux cochons.
Je me dis, moi aussi : Libérez les otages, ces pauvres consommateurs qui galèrent , tous ces braves gens usagés, ( s’ils sont usagés, il faut les remplacer par des neufs !), qui sont victimes, qui n’en peuvent plus , qui sont contrariés dans leur volonté de travailler plus pour sortir la France de la faillite…
Des héros, ce sont des héros ! Malgré les grèves, ils s’organisent pour aller bosser, ils font preuve de mille astuces, ( comme, par exemple marcher avec leurs pieds ! ), c’est grand, c’est beau, ça donne envie d’être de droite, tiens !
Je suis maudit, je vous dis. J’ai envie de vomir en entendant les otages et j’ai aussi la gerbe en écoutant les ravisseurs, tous unis dans la médiocrité, tous tenus par les couilles par le pouvoir d’achat, la consommation…

Mais, c’est que c’est  encore mieux que ce que je pensais que ça allait être. La petite frappe de l’Élysée, en roue libre, s’auto-parodie avec bonheur, comme un qui prendrait plaisir à respirer ses pets.
 
Désormais, l’image de la France, c’est ce nabot suffisant shooté à l’égoïne.
 On a sans doute les petits hommes qu’on mérite…
 On a dû être très vilains pour mériter ça !

Publié dans blog.captain.arobase

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